On y pense rarement et nous en parlons encore moins avec les autres, mais tout le monde a une voix intérieure : un murmure incessant qui occupe notre esprit la plupart du temps. Cette voix peut être encourageante, nous soutenant dans les moments difficiles. Mais parfois, elle se montre méchante, défaitiste, punitive, paniquée ou humiliante. Elle ne représente pas qui nous sommes ni ce dont nous sommes capables. On s’entend dire « Tu me dégoutes », « Tu fais toujours n’importe quoi », Tu n’es qu’un.e imbécile incapable ! ».
D’où viennent ces voix intérieures ? Elles proviennent des voix extérieures entendues dans le passé. On intègre la parole des autres : un parent déprimé ou en colère, les moqueries de nos frères et sœurs, les propos d’un camarade qui nous harcèle ou les attentes d’un professeur impossible à satisfaire. Nous avons internalisé ces voix à un moment de notre vie, alors qu’elles nous paraissaient convaincantes. Certains messages, répétées inlassablement par nos figures d’autorité, s’ancrent profondément dans nos mécanismes de pensée.
Etre bien avec soi-même implique de modifier ces voix intérieures. Il s’agit de découvrir une variété de voix tout aussi convaincantes, mais surtout constructives, qu’on s’efforce d’intégrer en soi. Cela peut être les voix d’amis, d’un thérapeute ou d’un écrivain. Nous devons les entendre fréquemment et les nourrir à tel point que ces voix deviennent des réponses naturelles. Finalement, ces nouvelles voix, bienveillantes et encourageantes, deviendront notre propre dialogue intérieur. Elles deviendront nos pensées.
